Médiation entre la CEDEAO et l’AES : Beni Diogo Ladji Kouyaté salue le renouvellement du mandat de Lansana Kouyaté
Le renouvellement du mandat de Lansana Kouyaté à la tête de la médiation entre la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la Confédération des États du Sahel (AES) suscite des espoirs de reprise du dialogue entre les deux organisations. Beni Diogo Ladji Kouyaté, homme politique, diplomate de formation et conseiller national du Bureau de l’espoir du PEDN chargé des Affaires étrangères, revient sur les acquis du premier mandat, les perspectives de cette médiation et le rôle des autorités guinéennes dans la désignation du diplomate, Lansana Kouyaté.
Après plusieurs années de rupture du dialogue officiel entre la CEDEAO et l’AES, une rencontre organisée à Dakar, les 16 et 17 octobre, a réuni des représentants des deux parties. Une avancée que Beni Diogo Ladji Kouyaté considère comme le résultat d’un travail préparatoire mené par Lansana Kouyaté et son équipe.
Selon lui, la désignation de l’ancien Premier ministre guinéen répond à la volonté de la CEDEAO de renouer les échanges avec les pays du Sahel, notamment le Mali, le Burkina Faso et le Niger, qui ont décidé de quitter l’organisation ouest-africaine avant de former leur propre confédération. « Après plusieurs tentatives, la CEDEAO a décidé de faire recours à la compétence, à l’expertise et à la sagesse du Guinéen, en l’occurrence le diplomate chevronné, le président Lansana Kouyaté, pour assurer cette médiation, dont il est le négociateur en chef », explique-t-il.
Un premier mandat consacré à la prise de contact
Pour Beni Diogo Ladji Kouyaté, le premier mandat du médiateur a essentiellement permis d’établir des contacts avec les différentes parties et de préparer les conditions d’une reprise du dialogue.
Il souligne que Lansana Kouyaté n’a pas travaillé seul, mais avec une équipe chargée de faciliter les échanges et de rapprocher les positions. « Le premier mandat était d’abord la prise de contact, ce que nous avons tous suivi de près ou de loin. Le président Lansana Kouyaté a pris son bâton de pèlerin avec son équipe », indique-t-il.
D’après son analyse, cette première phase a contribué à instaurer un climat favorable aux discussions, les différentes parties ayant manifesté leur disposition à participer aux échanges. Il estime que la confiance accordée au médiateur a également favorisé le renouvellement de son mandat.
La rencontre de Dakar, un signal encourageant
Le conseiller national du Bureau de l’espoir du PEDN voit dans la rencontre de Dakar une étape importante du processus. Après environ cinq ans de rupture du dialogue officiel, la présence de délégations des deux organisations a permis de renouer les échanges. « Ce deuxième mandat a été consacré principalement à un travail de fourmi pour aboutir à ce résultat qu’on a vu du 16 au 17 à Dakar », a-t-il affirmé
Pour lui, cette rencontre constitue un signe d’ouverture, même si elle ne signifie pas encore que toutes les divergences entre les deux organisations sont résolues.
L’enjeu est désormais de transformer cette reprise des contacts en un dialogue durable, susceptible de préserver les relations entre les États et les populations de la sous-région.
« Restons positifs, restons optimistes »
Interrogé sur les chances de réussite de Lansana Kouyaté face aux positions parfois fermes des dirigeants militaires de l’AES à l’égard de la CEDEAO, Beni Diogo Ladji Kouyaté appelle à l’optimisme.
Il rappelle que le médiateur dispose d’une expérience diplomatique acquise dans la conduite de négociations complexes, y compris dans des régions situées en dehors de l’Afrique de l’Ouest. « Je crois qu’avec cette volonté des parties, qui s’est déjà exprimée lors de leurs retrouvailles à Dakar après cinq ans, cela donne plus de chances à Monsieur le médiateur en chef, Son Excellence Lansana Kouyaté et son équipe », a-t-il estimé.
Il fonde également son espoir sur les liens historiques et humains entre les peuples concernés. À ses yeux, la coexistence entre les populations ouest-africaines constitue un facteur important pour encourager le rapprochement des positions. « Je crois que nous allons aboutir à un résultat vraiment concluant et réjouissant pour tout l’espace de l’Afrique de l’Ouest », poursuit-il.
Un hommage aux autorités guinéennes
Au-delà du travail diplomatique engagé, Beni Diogo Ladji Kouyaté salue également l’attitude des autorités guinéennes, dont l’approbation aurait, selon lui, accompagné la désignation de Lansana Kouyaté par la CEDEAO.
Il explique que le choix d’une personnalité appelée à conduire une mission diplomatique au nom d’une organisation régionale peut nécessiter des démarches auprès des autorités de son pays d’origine. « Cela montre combien de fois les autorités guinéennes, au-delà de la sphère politique, reconnaissent et respectent la personne de M. Kouyaté en tant que citoyen guinéen, mais aussi en tant que fils digne de ce pays qui fait la fierté sur l’arène internationale », déclare-t-il.
Le responsable politique considère ainsi que cette désignation traduit la reconnaissance de l’expérience et du parcours international du diplomate guinéen.
Il a, pour finir, tenu à remercier les autorités du pays pour leur contribution à ce processus. « Je profite par votre canal pour les remercier d’avoir facilité le choix du président Lansana Kouyaté à assumer encore cette mission qu’il a assumée dans le passé », conclut-il.
Alors que la médiation entre la CEDEAO et l’AES entre dans une nouvelle phase, les attentes portent désormais sur la capacité des deux parties à poursuivre les discussions et à dégager des perspectives de coopération. Pour Beni Diogo Ladji Kouyaté, la reprise du dialogue à Dakar constitue un point d’appui pour la poursuite de ce processus diplomatique.
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