CEDEAO–AES : à Dakar, les deux organisations posent les bases d’un nouveau cadre de coopération
Dakar — Après plusieurs années de tensions et de recomposition diplomatique en Afrique de l’Ouest, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la Confédération des États du Sahel (AES) amorcent un rapprochement institutionnel. Réunies le 17 octobre dernier à Dakar, les deux organisations ont convenu de mettre en place des mécanismes de concertation afin de définir les contours de leurs futures relations.
La rencontre marque une étape importante dans les efforts visant à préserver les possibilités de coopération entre les pays de la sous-région, malgré leurs divergences politiques et institutionnelles.
Morissanda Kouyaté représente la Guinée aux consultations préparatoires

En amont de cette réunion, le ministre guinéen des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Guinéens établis à l’étranger, Dr Morissanda Kouyaté, a participé, le vendredi 16 octobre, à une séance de travail avec ses homologues des États membres de la CEDEAO.
Présidée par le ministre sénégalais des Affaires étrangères, Cheikh Niang, cette concertation préparatoire a permis aux responsables diplomatiques d’harmoniser leurs positions en perspective des échanges avec l’AES. La séance s’est également déroulée en présence de Lansana Kouyaté, négociateur en chef entre les deux parties, et du président de la Commission de la CEDEAO, le général Birame Diop. L’objectif était de dégager des orientations communes pour engager un dialogue constructif avec la Confédération des États du Sahel, composée du Mali, du Burkina Faso et du Niger.
Des groupes de travail et un accord-cadre en préparation

Selon les informations publiées à l’issue de la réunion de Dakar, la CEDEAO et l’AES ont réaffirmé leur volonté de bâtir des relations fondées sur le bon voisinage, le respect de la souveraineté nationale, la dignité des États et la préservation des intérêts socio-économiques des populations.
Pour concrétiser cette volonté, les deux organisations ont convenu de mettre en place des groupes de travail thématiques conjoints. Ces structures techniques auront pour mission d’identifier les domaines de coopération et de préciser les modalités pratiques de leur collaboration.

Les travaux doivent également préparer l’élaboration d’un accord-cadre destiné à structurer les relations institutionnelles et économiques entre les deux ensembles régionaux. Les propositions issues des discussions techniques seront ensuite soumises à l’examen et à la validation politique des ministres concernés, lors d’une prochaine session interministérielle. La date et le lieu de cette prochaine échéance diplomatique restent à préciser par les voies officielles.
Un rapprochement stratégique pour l’avenir de l’Afrique de l’Ouest
Cette initiative s’inscrit dans le prolongement des consultations informelles organisées le 22 mai 2025 à Bamako. Elle intervient dans un contexte marqué par le retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO, devenu effectif le 29 janvier 2025, et par la volonté des deux parties de maintenir des canaux de dialogue.
L’enjeu dépasse les seules relations entre institutions. Il concerne notamment la libre circulation des personnes et des marchandises, les échanges commerciaux, la sécurité transfrontalière et la coopération entre les populations de pays étroitement liés par la géographie, l’histoire et les réalités économiques.

Pour la Guinée, la participation de Dr Morissanda Kouyaté à ces consultations témoigne de son implication dans les discussions diplomatiques régionales. La capacité de la CEDEAO et de l’AES à traduire leurs engagements en mécanismes concrets sera désormais déterminante pour consolider ce rapprochement.
Au-delà des déclarations de principe, le défi reste de parvenir à une coopération pragmatique, respectueuse des choix souverains de chaque État et bénéfique aux populations ouest-africaines.
Focus Investigatorguinee
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