An 68 de l’indépendance de la Guinée: « Pardonnons-nous, respectons-nous », l’appel d’Elhadj Diériba Diaby ambassadeur de la paix
À l’occasion de la célébration du 68ᵉ anniversaire de l’indépendance de la Guinée, Elhadj Diériba Diaby, ambassadeur de la paix, a lancé un vibrant appel au pardon, au respect mutuel et à la préservation de la cohésion nationale. Dans son message, il a notamment interpellé les citoyens sur les dérives observées sur les réseaux sociaux, tout en appelant les dirigeants à respecter le peuple et à se souvenir du caractère temporaire du pouvoir.
À l’occasion de la fête nationale, célébrée ce vendredi 2 octobre 2026, Elhadj Diériba Diaby a livré un message essentiellement consacré à la paix, à l’unité nationale et au vivre-ensemble.
L’ambassadeur de la paix a d’abord dénoncé certaines dérives observées sur les réseaux sociaux, estimant que les propos tenus contre le pays et ses institutions peuvent porter atteinte à l’image de la Guinée. « Quand on entend ce qui se dit sur les réseaux sociaux, on a honte. Lorsqu’on voit nos propres enfants humilier notre pays. Lorsque vous humiliez votre père, vous avez humilié toute la famille. Lorsque vous humiliez un village, vous humiliez, tous les villages. Lorsque vous humiliez un Chef de l’État, vous humiliez votre pays. Et Dieu nous a défendus de faire cela. Lorsque le prophète Mohammed (SAW) a pris son bâton de pèlerin, il n’a jamais voulu humilier ceux qui ne l’ont pas aimé, ceux qui ne l’ont pas soutenu. Il a dit de traiter tout le monde aux mêmes égalités », a-t-il dit.
Poursuivant son intervention, Elhadj Diériba Diaby a évoqué la question du pouvoir et appelé les Guinéens à dépasser les divisions, les rancœurs et les ambitions personnelles. « C’est Dieu qui donne le pouvoir. Quand j’entends les gens dire qu’on doit arrêter de dire que c’est Dieu qui a donné le pouvoir… Est-ce que c’est le Satan qui donne le pouvoir ? Est-ce que ce sont les hommes qui se donnent le pouvoir ? En Guinée, tout le monde veut être chef ou président. Est-ce que nous sommes tous présidents ? Est-ce que nous sommes tous chefs ? Donc arrêtons, faisons en sorte que 68 ans ça suffit. Quand on a 68 ans de vie, on sait que maintenant la mort est à côté de nous. Tout ce que l’on gagne, c’est le bonus. Certains sont partis, ils n’ont pas eu 60 ans, d’autres sont partis à 50 ans donc à 68 ans, nous sommes déjà vraiment un troisième âge… Quelquefois quand on nous parle à l’extérieur ou à l’intérieur, on dit : les Guinéens, vous êtes comment ? Cela signifie beaucoup de choses. Donc je pense bien que les Guinéens doivent se ressaisir. Nous devons nous donner la main. Nous devons nous pardonner. Pardonnons-nous. Pardonnons-nous, s’il vous plaît. Pardonnons-nous. Respectons-nous. Respectez ce que Dieu nous a donné et ceux qui sont à la tête (les autorités) », a-t-il déclaré.
Un message également adressé aux dirigeants
Dans son intervention, l’ambassadeur de la paix a également interpellé les autorités guinéennes. Il les a invitées à respecter les populations et à garder à l’esprit que l’exercice du pouvoir est nécessairement limité dans le temps. « Ceux qui sont à la tête aussi doivent respecter le peuple. Ils doivent respecter non seulement les doyens et leurs pères. Parce que le pouvoir que Dieu donne, il y a un temps. Vous avez remplacé certains, d’autres aussi vont vous remplacer. Et il faut savoir également, chaque dirigeant qui vient, il va trouver des gens qui vont arriver, il va mettre ce qu’ils veulent. Il va nommer, il va révoquer d’autres. Il va arrêter certains, mettre en prison, il va libérer d’autres. La vie c’est comme ça. Chacun a son programme. Chacun a sa vision », a-t-il indiqué.
Poursuivant son plaidoyer en faveur de la paix et de la réconciliation, Elhadj Diériba Diaby a appelé les Guinéens à se pardonner et à œuvrer collectivement pour bâtir un pays où chacun pourrait vivre dans la paix et la dignité. « Si Dieu nous aide, que les Guinéens se donnent la main, que les Guinéens se pardonnent, que les Guinéens suivent leur justice et que cette injustice-là s’arrête et que le péché qui suit nous les Guinéens, nous essayons de nous éloigner de ce péché, la Guinée sera un paradis. Notre pays est un paradis. Les Guinéens doivent vivre en paradis. Les Guinéens doivent vivre en paix. Les Guinéens ne doivent pas quitter le pays, chercher le visa, marcher à pied, traverser le désert, les mers pour aller chercher le paradis ailleurs. S’il vous plaît, donnons-nous la main, aimons-nous », a-t-il conseillé.
« Il faudrait que la paix soit notre devise »
Pour conclure son message, l’ambassadeur de la paix a adressé des vœux à l’ensemble des institutions et des responsables du pays, tout en les invitant à renforcer leur proximité avec les populations. « Je souhaite bon anniversaire à tout le monde, à notre Chef de l’État, M. le président de la République, M. Mamadi Doumbouya, à M. Bah Oury et son gouvernement, au président de l’assemblée nationale Dr Dansa Kourouma et aux parlementaires et à toutes les institutions guinéennes. J’ai du respect pour vous, je vous respecte, respectez vos peuples, marchez ensemble, vivons ensemble, tenons ensemble. Il faudrait que la paix soit notre devise dans notre pays. Que Dieu bénisse la Guinée et que Dieu aide tous les Guinéens », a-t-il dit.
À travers ce message, Elhadj Diériba Diaby a ainsi placé le pardon, le respect, la réconciliation et la paix au cœur de son appel à l’occasion du 68ᵉ anniversaire de l’indépendance de la Guinée.
Focus Investigatorguinee
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