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Grâce à Aliou Bah : Faya Millimouno salue sa libération et estime que « l’acte aurait dû être posé depuis longtemps »

Après près de 22 mois de détention, Aliou Bah a bénéficié, avec 216 autres condamnés, d’une grâce présidentielle accordée par le chef de l’État, Mamadi Doumbouya. Réagissant à cette mesure, le député et président d’honneur du Bloc Libéral (BL), Dr Faya Lansana Millimouno, s’est réjoui de la libération de son ancien compagnon de lutte, tout en estimant que cette décision aurait pu intervenir plus tôt.

CONAKRY — La libération d’Aliou Bah, leader du Mouvement Démocratique Libéral (MoDeL), continue de susciter des réactions dans la classe politique guinéenne. Condamné à deux ans de prison ferme pour « offense et diffamation » envers le chef de l’État, Aliou Bah a retrouvé la liberté à la faveur d’un décret présidentiel accordant une grâce à 217 condamnés.

Interrogé par Africaguinee.com ce samedi 3 octobre 2026, le député et président d’honneur du Bloc Libéral, Dr Faya Lansana Millimouno, a exprimé sa satisfaction après cette décision. « Je crois que chacun sait toute l’importance de jouir de sa liberté. Et donc, quelle que soit la raison, lorsqu’à un moment donné la liberté a été privée à quelqu’un, il faut se réjouir lorsqu’il la retrouve », a-t-il déclaré.

L’ancien compagnon de lutte d’Aliou Bah dit ainsi avoir accueilli avec satisfaction l’annonce de la grâce présidentielle accordée à 217 personnes. « J’ai donc été très content d’apprendre qu’Aliou Bah et 216 autres compatriotes ont bénéficié de leur liberté et de la grâce présidentielle hier », a-t-il ajouté.

« L’acte qui a été posé hier aurait dû l’être depuis longtemps »

Tout en saluant la décision présidentielle, Faya Millimouno estime qu’elle aurait pu intervenir plus tôt dans le cas d’Aliou Bah. Il avance notamment deux arguments. Selon lui, la procédure ayant conduit à la condamnation du leader du MoDeL relevait d’une démarche politique visant, à ses yeux, à faire taire une voix critique. « D’abord, parce que la procédure qui a mené à la condamnation a été simplement un acte politique. On voulait faire taire une voix critique », a-t-il affirmé, précisant qu’il n’avait pas été convaincu de la culpabilité de son ancien compagnon de lutte.

Le parlementaire évoque également la question de l’infraction d’« offense au chef de l’État », qu’il considère comme dépassée dans plusieurs pays. « C’est des choses dépassées ailleurs, complètement dépassées ailleurs. Je ne sais pas pourquoi il faille revenir à cela, parce que même dans les pays que nous faisons semblant de copier, l’offense au chef de l’État comme infraction ou délit s’apparente à une façon de limiter la liberté d’expression des citoyens », a-t-il soutenu.

Pour ces différentes raisons, Faya Millimouno estime que la mesure aurait pu être prise bien avant. « Donc, pour ces deux raisons, l’acte qui a été posé hier aurait dû l’être depuis longtemps. On a attendu presque jusqu’à la fin, parce que, tard ou pas, Aliou Bah aurait recouvré sa liberté le mois prochain », a-t-il déclaré.

Une liberté assortie d’un stage civique

Le décret présidentiel accordant la grâce aux 217 condamnés prévoit toutefois, en son article 2, que le bénéfice de cette mesure est subordonné à l’accomplissement d’un stage d’encadrement civique et de préparation à la réinsertion d’une durée de 45 jours.

Les modalités de ce stage doivent être précisées par un arrêté conjoint du ministre de la Justice et des Droits de l’Homme et du ministre de la Défense nationale.
Interrogé sur cette disposition particulière, le député Faya Lansana Millimouno a indiqué ne pas disposer de suffisamment d’éléments sur le plan juridique pour en faire une analyse approfondie.

Avec africa guinee

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