Le plus grand événement du football mondial démarre jeudi (11.06) et promet déjà d’entrer dans l’histoire. La Coupe du monde 2026 s’annonce exceptionnelle à bien des égards : plus d’équipes, plus de matchs et, pour la première fois, une organisation partagée entre trois pays. Mais cette édition XXL sera-t-elle à la hauteur de toutes les attentes ? Entre innovations, enjeux politiques, critiques et défis logistiques, les interrogations sont nombreuses.
Trois pays hôtes aux relations tendues
Cette Coupe du monde sera la première organisée par trois pays – les États-Unis, le Canada et le Mexique. Trois pays coorganisateurs dont les relations se sont détériorées depuis le début du second mandat du président américain Donald Trump. Ses menaces d’annexer le Canada comme ” 51e État ” des États-Unis et ses droits de douane punitifs ont terni les relations entre ces deux alliés historiques. Les relations entre les États-Unis et le Mexique se sont également tendues sur plusieurs sujets, notamment la frontière commune et les menaces, au moins implicites, de Trump d’utiliser la force militaire pour lutter contre les cartels de drogue opérant au Mexique.
Plus d’équipes, plus de matchs
Autre particularité de ce Mondial 2026 : le nombre d’équipes, 48 au total. Ce qui signifie beaucoup plus de matchs : 104. Il y aura 12 groupes de quatre équipes. Les deux premières de chaque groupe, ainsi que les huit meilleurs troisièmes, accéderont aux seizièmes de finale. Ce tour éliminatoire supplémentaire a été introduit pour réduire le nombre d’équipes jusqu’à la finale à New Jersey le 19 juillet. Avec plus d’équipes, davantage de nations peuvent participer pour la première fois : le Cap-Vert, Curaçao, la Jordanie et l’Ouzbékistan feront leurs débuts. Une bonne nouvelle pour leurs supporters, mais certains critiques craignent une baisse du niveau de jeu global.
Coupe du monde des clubs de la FIFA 2025 | FC Bayern Munich vs CA Boca Juniors | Joshua Kimmich au bord du terrain sous la chaleurCoupe du monde des clubs de la FIFA 2025 | FC Bayern Munich vs CA Boca Juniors | Joshua Kimmich au bord du terrain sous la chaleur
Pauses d’hydratation obligatoires
Lors de ce Mondial, les pauses d’hydratation seront obligatoires : deux interruptions de trois minutes, autour de la 22e minute de chaque mi-temps, quelle que soit la météo. Auparavant, des pauses rafraîchissement étaient imposées à la 30e minute lorsque la température dépassait 31 °C au coup d’envoi. Ce changement est lié aux inquiétudes concernant les fortes chaleurs attendues dans certaines villes hôtes, comme lors de la Coupe du monde des clubs l’été dernier aux États-Unis.
De manière pratique pour les diffuseurs, la FIFA a confirmé qu’ils pourront diffuser des publicités pendant ces pauses de trois minutes. Cela permet de contourner un problème rencontré lors du Mondial 1994 et découpe les matches en quasi-quarts, comme au basket ou au football américain.
Préoccupations liées aux droits humains
Autre point important : un rapport d’Amnesty International alerte sur des risques liés aux droits humains. Il critique notamment les actions des agents d’immigration aux États-Unis. Le rapport souligne aussi les enjeux de sécurité au Mexique, avec un déploiement massif de forces, et s’inquiète, au Canada, d’une possible marginalisation des personnes sans-abri ainsi que de restrictions à la liberté de rassemblement.
Coûts élevés des déplacements et des billets
Autre défi : la logistique. Les distances entre les villes hôtes sont immenses, ce qui complique les déplacements des supporters. Les villes les plus éloignées sont Vancouver et Miami, séparées par 4 507 kilomètres. Par exemple, un supporter allemand souhaitant suivre son équipe devrait parcourir environ 2 619 kilomètres entre Houston, Toronto et New Jersey rien que pour la phase de groupes. À cela, s’ajoutent des prix de billets très élevés, vivement critiqués, certains atteignant des montants records. La principale association de supporters de football en Europe a même porté plainte contre la FIFA auprès de la Commission européenne pour ” prix excessifs “.
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