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La colère des Malgaches fait tomber le ministre de l’Energie

Le président de Madagascar a essayé de répondre ce vendredi (26.09.25) aux manifestations jeudi (25.09.25) dans son pays. Andry Rajoelina a annoncé dans un message vidéo limoger son ministre de l’Energie après la manifestation ayant agité la veille jeudi la capitale Antananarivo pour protester contre les coupures incessantes d’eau et d’électricité.

La capitale Antananarivo tournait au ralenti ce vendredi. Les écoles de la capitale sont restées fermées au lendemain de manifestations réprimées par les forces de l’ordre et marquées par des pillages.

L’île s’apprête à passer une deuxième nuit sous couvre-feu. Au total, cinq grandes villes du pays, Antsiranana, Majunga, Toliara, Antsirabe et donc Antananarivo, sont concernées par des couvre-feux nocturnes à partir de 19H00 locales et jusqu’à au moins 4h00 du matin, sur décisions des préfets vendredi.

Plus tôt dans la journée, dans un message sur les réseaux sociaux, le président malgache a regretté la destruction de biens privés et de locaux d’entreprises. Andry Rajoelina a dénoncé une “volonté de plonger notre pays dans le chaos”.

Peu avant ce message, alors qu’il assistait à l’Assemblée générale de l’Onu, celui-ci a estimé que des progrès avaient été faits en matière d’accès à l’électricité, tout en reconnaissant que beaucoup reste à faire. 

Faible accès à l’électricité

Car la colère des manifestants a pour origine les coupures d’électricité et d’eau. Herizo qui était présent à la manifestation de jeudi précise :  On ne veut pas de putsch, on ne veut pas écraser le gouvernement. On demande juste nos droits. Ils réclament de l’eau, ils réclament de l’électricité. Ils réclament leur droit fondamental.

 

Selon des chiffres récents de la Banque africaine de développement, 36 % des Malgaches avaient accès à l’électricité en 2023, bien loin de la moyenne en Afrique subsaharienne (50,6 %).  

En zone rurale, ce taux est de seulement 7 %. Il est tout de même de 57 % en zone urbaine. Mais cet habitant d’Antananarivo ne constate pas de changement dans son quotidien.

“Nous luttons contre les coupures d’électricité quotidiennes et lorsque nous revendiquons nos droits, nous sommes attaqués. Nous avons droit à l’électricité et à l’eau.”

 

Dégâts et pillages 

C’est dans les zones urbaines, notamment dans la capitale, que des dégâts et pillages ont été enregistrés. Les forces de l’ordre ont fait usage de grenades lacrymogènes et de balles en caoutchouc. Les domiciles de trois parlementaires, proches du pouvoir, ont été incendiés.  

Outre des commerces et des agences bancaires, une station du téléphérique – un des projets phares du gouvernement, inauguré il y a un mois – a également été incendiée.  

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