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Aliou Bah gracié : Cellou Dalein Diallo dénonce le « fait du Prince » de Mamadi Doumbouya

La grâce présidentielle accordée à Aliou Bah et à 216 autres détenus continue de susciter des réactions en Guinée. Ce samedi 3 octobre 2026, Cellou Dalein Diallo a réagi sur sa page Facebook à la libération du président du MoDeL.

Pour l’ancien Premier ministre, cette décision ne saurait effacer les conditions dans lesquelles Aliou Bah a été arrêté, condamné puis maintenu en détention pendant près de vingt-deux mois.

« On ne peut pas gracier quelqu’un qui n’aurait jamais dû être condamné », écrit-il. Il estime que la grâce ne fait disparaître « ni l’injustice initiale, ni les mois de liberté volés, ni les préjudices subis par Aliou Bah et sa famille ».

Cellou Dalein Diallo rappelle par ailleurs que la Cour de justice de la CEDEAO avait, le 25 juin 2026, ordonné la mise en liberté immédiate et sans condition d’Aliou Bah. Il souligne également que la juridiction communautaire avait engagé, le 25 septembre, une démarche visant à s’assurer de l’exécution de son arrêt.

Dans ce contexte, il considère que le leader du MoDeL « n’a rien à devoir à une quelconque clémence présidentielle ». Selon lui, cette libération est surtout liée au courage et à la résilience d’Aliou Bah ainsi qu’à la décision de la Cour de justice de la CEDEAO.

Dans la suite de sa publication, Cellou Dalein Diallo élargit son propos au fonctionnement de l’État. Il reproche à Mamadi Doumbouya de concentrer entre ses mains des prérogatives qui devraient relever des institutions.

« Si Louis XIV avait prétendu que “l’État, c’est lui”, pour Mamadi Doumbouya, “l’État, le pays, la justice, l’économie, tout, c’est lui” », écrit-il.

L’opposant appelle ainsi à refuser que « le fait du Prince » devienne la référence dans le fonctionnement de l’État et plaide pour le respect de la Constitution, des lois de la République et des décisions de justice.

La grâce annoncée le 2 octobre concerne 217 détenus. Le décret prévoit une remise totale des peines privatives de liberté, assortie d’un stage d’encadrement civique et de préparation à la réinsertion d’une durée de 45 jours.

Par Adama Bah

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