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Cambriolages à la RTG : des équipements stratégiques emportés, Fana Soumah dénonce un acte ignoble… un éventuel sabotage en question

La Radiodiffusion Télévision Guinéenne (RTG) est confrontée à des actes de cambriolage et de vandalisme ayant visé ses installations audiovisuelles. À Boulbinet, dans la commune de Kaloum, plusieurs équipements indispensables à la production et à la diffusion ont été emportés, entraînant l’arrêt des programmes de la RTG 2. En déplacement sur les lieux ce mardi 3 novembre 2026, le ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation, Fana Soumah, a fermement condamné cet acte et exprimé le soutien de son département aux équipes de la gendarmerie chargées des investigations. Ces incidents interviennent quelques jours après sa nomination à la tête du ministère.

La télévision publique guinéenne traverse une situation préoccupante. Dans la matinée de ce mardi les travailleurs de la deuxième chaîne de la Radiodiffusion Télévision Guinéenne (RTG 2), installée à Boulbinet, ont découvert les traces d’une intrusion nocturne dans les locaux de leur chaîne. Plusieurs équipements techniques, essentiels à la production et à la réalisation des émissions, ont disparu.

Selon les premières informations recueillies, les individus non identifiés auraient forcé une porte donnant accès à la régie avant de briser une baie vitrée pour pénétrer dans le grand plateau. Une fois à l’intérieur, ils auraient emporté plusieurs matériels stratégiques, sans que les circonstances précises de leur opération soient encore établies.

Le bilan provisoire communiqué par le responsable technique de la RTG 2, Oumar Touré, fait état de quatre caméras numériques, douze microphones haute fréquence (HF), un mélangeur vidéo, la commande des caméras robotisées ainsi qu’une mallette de transport. Une console aurait également été déplacée, mais abandonnée dans un couloir.

Après la découverte des faits, Oumar Touré, connu sous le surnom d’Oumar le Bon, explique avoir été alerté alors qu’il se trouvait à son domicile. « J’étais à la maison lorsque j’ai été appelé par le responsable du matériel, Sékou Oumar Dabo, qui m’a informé qu’il y avait eu un vol à la RTG », rapporte-t-il.

À son arrivée, le constat était préoccupant. Il décrit une intrusion qui aurait commencé par la régie avant de s’étendre au plateau principal. « À mon arrivée à la régie, nous avons constaté que la porte avait été forcée. Les individus ont réussi à accéder à l’intérieur et, une fois sur place, ils ont brisé la baie vitrée pour accéder au grand plateau, où ils ont emporté toutes les caméras », explique-t-il.

Sur la nature du matériel disparu, le responsable technique précise : « Les quatre caméras numériques, les micros, notamment les micros HF, au nombre de 12, ont été emportés. Ils ont également pris un mélangeur vidéo, la commande des caméras robotisées ainsi que la mallette. »

Une organisation nocturne qui soulève des interrogations

Au-delà de l’importance du matériel emporté, les circonstances de cette intrusion interrogent sur le dispositif de sécurité mis en place au sein de la chaîne publique. Dans son témoignage, Oumar Touré explique qu’après le journal télévisé de 20 heures, les équipes procèdent généralement à la programmation automatique des émissions déjà enregistrées, afin d’assurer la continuité de la diffusion pendant la nuit.

Il précise que les clés des installations sont habituellement déposées au poste de gendarmerie situé à proximité, entre 20 h 30 et 21 heures. « De 21 heures jusqu’au matin, généralement, il n’y a personne sur place. Nous programmons des émissions déjà produites dans la journée pour qu’elles continuent à être diffusées pendant la nuit. Pour le moment, nous ne savons pas exactement comment cela s’est passé », indique-t-il.

Cette organisation soulève plusieurs questions : comment les auteurs ont-ils pu accéder aux installations, transporter autant d’équipements et quitter les lieux ? Le dispositif de vidéosurveillance était-il opérationnel ? Les habitudes de fonctionnement de la chaîne étaient-elles connues des personnes impliquées ?

Autant de questions auxquelles les investigations devront apporter des réponses.

Makèmè Bamba exprime son indignation et s’interroge sur les motivations des auteurs

Les informations relatives aux installations de Koloma font également état d’une intrusion ayant occasionné la disparition de plusieurs équipements de production. Parmi les matériels signalés figurent quatre caméras robotisées, un amplificateur de son, un mélangeur vidéo et une console de commande.

Réagissant à ces faits, la directrice générale de la RTG, Makèmè Bamba, n’a pas caché sa préoccupation face à l’ampleur de l’acte.

« Je suis particulièrement étonnée et préoccupée par cet acte. Je me demande comment des individus peuvent oser s’introduire dans les locaux d’une institution qui appartient à toute la nation pour emporter des équipements destinés à servir l’ensemble des Guinéens », a-t-elle déclaré.

La première responsable de la télévision publique rappelle que les installations ont déjà connu des actes de vol et de vandalisme. Elle estime toutefois que cette nouvelle intrusion se distingue par son ampleur et par la nature des équipements ciblés.

La directrice générale s’interroge également sur l’intérêt que pourraient représenter ces matériels pour leurs auteurs, soulignant que les équipements emportés ne suffisent pas, à eux seuls, à faire fonctionner une structure audiovisuelle complète.

Une observation qui ouvre une autre interrogation : les auteurs recherchaient-ils simplement du matériel susceptible d’être revendu ou visaient-ils spécifiquement les capacités techniques de production de la télévision publique ?

Au-delà des pertes matérielles, les conséquences sur les activités de la chaîne constituent une préoccupation majeure. À Koloma, les informations publiées font état de la disparition de plusieurs équipements de régie et de plateau. Ces faits doivent toutefois être distingués de ceux enregistrés à Boulbinet, dans l’attente de précisions officielles sur leur éventuel lien.

Fana Soumah sur les lieux : une condamnation ferme et un soutien aux enquêteurs

Face à la gravité de la situation, le ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation, Fana Soumah, s’est rendu ce mardi 3 novembre 2026 dans les locaux de la RTG 2 à Boulbinet pour constater les dégâts.

Sur place, le ministre a fermement dénoncé ce qu’il qualifie d’« acte ignoble », tout en exprimant le soutien de son département aux équipes de la gendarmerie nationale chargées de conduire les investigations.

Cette visite intervient dans un contexte marqué par l’interruption de la diffusion des programmes de la RTG 2, conséquence directe de la disparition de plusieurs équipements de production et de diffusion.

En attendant les conclusions de l’enquête, Fana Soumah a annoncé que des mesures étaient envisagées pour permettre une reprise des activités de la chaîne, avec le concours de son département.

Le ministère entend ainsi mobiliser les moyens nécessaires pour rétablir la continuité des programmes au bénéfice des téléspectateurs.

Dans sa communication, le département réaffirme également son engagement à accompagner la RTG 2 dans la poursuite du projet de rénovation et de modernisation de cette chaîne de télévision.

Cette annonce place désormais la question de la remise en service des installations au cœur des priorités, parallèlement aux investigations destinées à faire la lumière sur les circonstances du cambriolage.

Une coïncidence avec la nouvelle configuration du ministère de la Communication

Ces incidents surviennent dans un contexte institutionnel particulier. Le 26 octobre 2026, le président de la République, Mamadi Doumbouya, a nommé Fana Soumah ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation. Le nouveau ministre a officiellement pris ses fonctions le 28 octobre, soit quelques jours avant la découverte des cambriolages.

Par ailleurs, selon les informations communiquées, le directeur de la RTG 2, le chef des programmes et le rédacteur en chef se trouvent actuellement à l’étranger dans le cadre de missions.

La concomitance de ces événements, notamment la disparition d’équipements stratégiques et l’absence temporaire de plusieurs responsables, ne manque pas de susciter des interrogations au sein de l’environnement médiatique.

Toutefois, aucun élément public ne permet, à ce stade, d’établir un lien entre la nomination du nouveau ministre, les déplacements des responsables et les actes de cambriolage. Il serait donc prématuré d’y voir une opération concertée ou une manœuvre dirigée contre la nouvelle administration.

Cambriolage ordinaire ou acte de sabotage ?

La nature des équipements emportés, les conditions d’accès aux installations et les conséquences potentielles sur les capacités de production de la télévision publique posent inévitablement la question des motivations des auteurs.

S’agit-il de vols motivés par la recherche d’un gain financier ? Les auteurs connaissaient-ils les installations et les habitudes du personnel ? Ont-ils bénéficié d’informations sur l’organisation interne de la chaîne ? Ou leur objectif était-il de perturber le fonctionnement de cet outil stratégique de communication publique ?

L’hypothèse d’un sabotage peut être évoquée comme une piste de questionnement, mais elle ne constitue pas, en l’état actuel des informations, un fait établi. Seules les investigations pourront permettre de déterminer si les auteurs ont agi dans une logique de vol classique ou poursuivaient un objectif plus précis.

Les services de gendarmerie et d’investigation se sont rendus sur les lieux pour les premiers constats. L’identification des auteurs, la récupération des équipements et la détermination du préjudice matériel constituent désormais des enjeux essentiels.

La protection du patrimoine audiovisuel public en question

Au-delà des circonstances de ces intrusions, cette affaire remet au centre du débat la sécurisation des infrastructures de la télévision nationale et la protection des biens publics.

Les équipements audiovisuels concernés ne sont pas de simples matériels de bureau. Ils constituent des instruments de travail indispensables aux journalistes, réalisateurs, techniciens et producteurs. Leur disparition peut compromettre la réalisation des émissions, réduire les capacités de production et affecter la continuité du service public audiovisuel.

La nouvelle administration du ministère de la Communication sera ainsi attendue sur les mesures à prendre pour renforcer la sécurité des installations, améliorer la gestion du patrimoine technique et garantir aux différentes chaînes publiques des conditions de travail adéquates.

L’engagement annoncé par Fana Soumah en faveur de la reprise des programmes et de la poursuite du projet de modernisation de la RTG 2 constitue désormais un enjeu majeur pour le département.

En attendant les conclusions des investigations, plusieurs interrogations demeurent. Comment une telle intrusion a-t-elle pu se produire dans des installations relevant de l’État ? Pourquoi ces équipements ont-ils été spécifiquement ciblés ? Les incidents de Boulbinet et de Koloma sont-ils liés ? Et surtout, les auteurs ont-ils agi dans le seul but de dérober du matériel ou poursuivaient-ils un objectif plus précis ?

Simple cambriolage, défaillance du dispositif sécuritaire ou éventuel acte de sabotage ? La réponse appartient désormais aux enquêteurs.

Rédaction Investigatorguinee

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