Interdiction de BAMA en Guinée : M’bany Sidibé salue la décision du ministère du Commerce et réclame réparation pour les consommateurs
À la suite de l’interdiction de commercialisation de certains lots de BAMA en Guinée par le ministère du Commerce, M’bany Sidibé, président de l’Union pour la défense des consommateurs de Guinée, salue la décision des autorités, tout en dénonçant la lenteur de leur réaction face aux alertes. Joint au téléphone par notre rédaction, il réclame des mesures de réparation pour les éventuelles victimes et appelle à faire toute la lumière sur cette affaire.
Selon M’bany Sidibé, les premières alertes concernant la qualité de certains lots de BAMA remontent à plusieurs jours. Il affirme que les communications du groupe JN, présenté comme l’entreprise importatrice du produit en Guinée, avaient déjà attiré l’attention sur la qualité des lots concernés.
« Depuis une semaine, nous avions vu les communiqués du groupe concernant BAMA. L’entreprise elle-même a reconnu que certains lots n’étaient pas de bonne qualité. Nous estimons que le ministère chargé du contrôle de la qualité n’a pas agi à temps. Nous condamnons le fait que cela ait pris trop de temps », a déclaré le président de l’Union pour la défense des consommateurs de Guinée, joint au téléphone par notre rédaction.
Tout en regrettant ce retard, le responsable associatif salue l’intervention du ministère du Commerce, qu’il considère comme une étape importante dans la protection des consommateurs. « Nous saluons l’implication du ministère du Commerce pour protéger les consommateurs. Le ministère du Commerce est le département compétent pour interdire un produit sur le marché. Nous l’accompagnons dans cette décision », a-t-il indiqué.
Pour M’bany Sidibé, l’interdiction de commercialisation ne doit cependant pas constituer l’aboutissement de cette affaire. Il demande aux autorités de faire la lumière sur les faits et de prendre des mesures en faveur des personnes qui auraient subi des préjudices après avoir consommé les lots incriminés.
Le président de l’organisation de défense des consommateurs met également l’accent sur la responsabilité de l’entreprise importatrice et sur les conséquences financières de cette interdiction pour les commerçants. Selon lui, les acteurs de la chaîne de distribution ne doivent pas être les seuls à supporter les pertes occasionnées par le retrait des produits concernés.
« Les commerçants et l’entreprise BAMA doivent régler leurs responsabilités. Normalement, l’entreprise doit restituer aux commerçants l’argent qu’ils ont investi dans ces produits. Lorsqu’un commerçant est trouvé en train de vendre un produit interdit, il peut être verbalisé. Mais il faut aussi examiner la responsabilité de l’entreprise qui a mis le produit sur le marché », a-t-il expliqué.
M’bany Sidibé rappelle par ailleurs que les consommateurs doivent pouvoir faire valoir leurs droits lorsqu’ils estiment avoir subi un préjudice. Il appelle à une clarification des responsabilités entre l’importateur, les distributeurs et les commerçants, afin que les démarches de réclamation et les éventuelles réparations puissent aboutir.
Le responsable associatif affirme que son organisation entend maintenir la pression jusqu’à l’obtention d’une réponse satisfaisante. « Nous allons poursuivre nos communications jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée. Nous félicitons le ministère du Commerce pour sa décision, mais nous demandons toujours réparation pour les consommateurs », a-t-il conclu.
Cette réaction remet au centre du débat la question du contrôle des produits alimentaires importés, de la rapidité des interventions des services compétents et de la protection effective des consommateurs en Guinée. Au-delà de l’interdiction annoncée, les attentes portent désormais sur la traçabilité des lots concernés, l’établissement des responsabilités et les mesures qui pourraient être prises en faveur des éventuelles victimes.
Hawa Kéita pour Investigatorguinee
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