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Guinée : le gouvernement fixe de nouveaux prix plafonds pour l’eau conditionnée

CONAKRY – Face aux tensions persistantes sur le marché de l’eau conditionnée depuis l’entrée en vigueur de l’interdiction des plastiques à usage unique, le ministère de l’Industrie et du Commerce annonce de nouveaux prix plafonds pour les eaux minérales et minéralisées.

Ces tarifs, applicables sur l’ensemble du territoire national à compter du mercredi 7 octobre 2026, concernent notamment les bouteilles de petits et grands formats ainsi que les bonbonnes de 19 litres. La décision intervient dans un contexte marqué par une forte hausse de la demande en eau embouteillée. Depuis le 21 septembre, date d’entrée en vigueur de l’interdiction des sachets plastiques à usage unique, une grande partie des consommateurs qui s’approvisionnaient en eau conditionnée sous sachet s’est tournée vers les bouteilles.

Cette évolution a rapidement provoqué des tensions sur l’offre et une augmentation des prix dans plusieurs points de vente. Le 1er octobre, le ministère de l’Industrie et du Commerce avait déjà dénoncé des « hausses spéculatives » du prix de l’eau embouteillée et appelé les producteurs, importateurs, distributeurs et commerçants à maintenir les tarifs pratiqués avant l’entrée en vigueur de l’interdiction.

De nouveaux tarifs pour les bouteilles

À l’issue d’une réunion de concertation tenue lundi entre les services techniques du ministère et les acteurs de la filière des eaux minérales et minéralisées, de nouveaux plafonds de prix ont été arrêtés. Selon le communiqué lu à la télévision nationale, les prix de vente au détail sont désormais fixés comme suit :
Bouteilles de 33 à 35 cl : paquet de 15 bouteilles à 25 000 GNF ;
Bouteilles de 50 à 55 cl : paquet de 12 bouteilles à 25 000 GNF ;
Bouteilles de 1,5 litre : paquet de 6 bouteilles à 25 000 GNF.

Ces prix constituent des plafonds de vente au détail et sont applicables à l’ensemble du territoire national à compter du mercredi 7 octobre 2026. Pour les consommateurs, le nouveau dispositif vise notamment à limiter les pratiques abusives observées depuis la raréfaction de l’eau conditionnée en sachet.

Bonbonnes de 19 litres : prix et consigne encadrés

Le dispositif concerne également les bonbonnes de grande capacité utilisées notamment dans les ménages, bureaux et commerces. Le prix de la bonbonne de 19 litres est fixé à 20 000 GNF à l’usine. Une consigne de 50 000 GNF est par ailleurs prévue. Cette somme est perçue une seule fois lors de la première acquisition de la bonbonne. Elle doit être intégralement remboursée au consommateur lors de la restitution de la bonbonne, à condition que celle-ci soit rendue en bon état. Le mécanisme vise ainsi à encadrer le système de consigne et à éviter que cette somme ne soit assimilée à un coût permanent de l’eau.

Une mesure prise dans un contexte de forte tension sur l’offre

Cette nouvelle réglementation intervient après plusieurs jours de perturbations sur le marché. Le PDG de la société Hamana, Mohamed Kourouma, expliquait mardi 6 octobre que la disparition de l’eau en sachet avait entraîné un bouleversement brutal des habitudes de consommation. Selon les données avancées par le responsable industriel, environ 85 % de la population consommait auparavant l’eau en sachet, contre 15 % pour l’eau en bouteille. Avec l’interdiction des sachets, cette demande s’est donc reportée rapidement sur les bouteilles, alors que les capacités de production n’avaient pas été dimensionnées pour couvrir un tel volume. « Les 15 % de bouteilles d’eau qui sont sur le marché ne suffisent pas à toute la population », a expliqué Mohamed Kourouma, estimant que l’augmentation des capacités de production nécessitera du temps, des équipements et une réorganisation de la chaîne d’approvisionnement. Cette situation explique en partie les tensions observées sur le marché et la hausse de certains prix pratiqués par des détaillants.

L’interdiction des plastiques à usage unique au cœur du débat

L’interdiction des plastiques à usage unique découle du décret D/2024/0172/PRG/CNRD du 21 septembre 2024. Un arrêté conjoint signé en septembre 2026 en précise les modalités d’application. Le texte prévoit toutefois certaines exclusions, notamment pour les bouteilles d’eau et autres liquides fabriquées à partir de résine PET. L’objectif affiché de la réglementation est notamment de réduire les déchets plastiques et leurs conséquences sur l’environnement. Mais sa mise en œuvre a également révélé la nécessité d’assurer des solutions alternatives suffisantes pour les populations qui dépendaient fortement de l’eau conditionnée en sachet.

Face à ces difficultés, l’Union pour la Défense des Consommateurs de Guinée a notamment demandé au Premier ministre un moratoire d’un an sur certaines mesures, estimant que les alternatives disponibles ne permettent pas encore de répondre suffisamment aux besoins des populations.
Le ministère appelle au respect des prix À travers les nouveaux plafonds, le département chargé du Commerce entend désormais mieux encadrer le marché et prévenir les pratiques commerciales abusives.

Les opérateurs économiques sont invités à respecter strictement les tarifs fixés par les autorités. Les services compétents du ministère doivent également renforcer les contrôles sur le terrain. De leur côté, les consommateurs sont appelés à signaler tout cas de non-respect des prix plafonds ou toute pratique jugée abusive au numéro vert 142, en indiquant notamment, lorsque cela est possible, le lieu de vente, le produit concerné et le prix pratiqué.

Après plusieurs jours de tension, le principal défi reste désormais de parvenir à rétablir progressivement l’équilibre entre l’offre et la demande, tout en maintenant l’objectif environnemental poursuivi par l’interdiction des plastiques à usage unique.

La réussite de cette nouvelle politique dépendra ainsi autant du respect des prix fixés que de la capacité de la filière à accroître rapidement et durablement la production et la distribution d’eau conditionnée sur l’ensemble du territoire.

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