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Hôpital préfectoral de Mandiana : vente clandestine de médicaments et surfacturation

C’est une situation à la fois exaspérante et affligeante pour les citoyens qui se rendent actuellement à l’hôpital préfectoral de Mandiana. Des agents de santé, en majorité des stagiaires, se livrent à une vente clandestine de produits pharmaceutiques dans cette structure sanitaire. Ils vendent leurs produits à des prix très élevés (comparativement aux prix pratiqués à la pharmacie dudit hôpital) et, en complicité avec des médecins titulaires, ils contraignent les patients à acheter leurs produits sous peine de les laisser pour compte, a appris le correspondant de Guineematin.com à Mandiana.

A l’hôpital préfectoral de Mandiana, il existe des « prix affichés » pour toutes les prestations qui y sont offertes.

La consultation et les premiers soins sont facturés au service des urgences à 15 000 francs guinéens (selon le prix affiché). Mais, les patients y paient jusqu’à 500 000 francs guinéens (d’autres à 600 000 francs) pour les premiers soins.

Également, une intervention chirurgicale et l’hospitalisation sont facturées officiellement à 120 000 francs guinéens (sur le prix affiché). Mais, les patients déboursent actuellement entre 900 000 et 3 000 000 de francs guinéens pour bénéficier de cette prestation. Et, ceci, sans compter les frais des ordonnances.

Le simple cathéter qui est vendu à 3 000 francs guinéens à la pharmacie dudit hôpital est vendu dans les salles de soins et d’hospitalisation à 10 000 francs guinéens. Et, ceux qui vendent ces produits pharmaceutiques obligent les patients à les acheter avec eux.

Cette situation se passe sous le nez et la barbe des médecins titulaires. Et, ces derniers ne semblent pas être en déphasage avec cette pratique des stagiaires. Au contraire, ils bénissent cette vente clandestine qui étouffe les patients de cet hôpital. Des patients qui se plaignent désormais à voix haute de cette « arnaque » quotidienne.

« Ce matin, j’ai envoyé mon fils qui souffre du paludisme [à l’hôpital préfectoral], j’ai pris le carnet. Et, arrivée à la médecine générale, ils m’ont donné un lit et un stagiaire m’a demandé d’acheter un cathéter à 10 000 francs. J’ai dit : non, je vais aller le chercher à la pharmacie de l’hôpital. Et là-bas, je l’ai acheté à 3 000 francs. Au retour, j’ai remis le cathéter à l’agent. Directement, le chef de service a commencé à crier sur moi en disant que ce que j’ai fait n’est pas bon. Il a dit que c’est dans la vente de ces petits objets que les stagiaires se font un peu d’argent », a déploré monsieur Kaba Diakité.

Abondant dans le même sens, Aliou Diallo se plaint d’avoir payé 500 000 francs guinéens pour un sérum et quelques piqûres au niveau du service des urgences.

« J’ai envoyé mon enfant au service des urgences. Sur le coup, après les soins primaires, ils m’ont dit de donner 500 000 francs guinéens pour seulement 5cc de sérum et quelques piqûres. Et, quand j’ai payé ça, ils m’ont donné encore une ordonnance à payer à la pharmacie. Cette ordonnance m’a coûté 160 000 francs. Donc, on souffre énormément à l’hôpital ici », s’est-il lamenté.

De son côté, Ousmane Diakité, un autre citoyen rencontré dans la cour de l’hôpital préfectoral de Mandiana, se plaint d’avoir été obligé de payer 250 000 francs guinéens pour un sérum qui ne coûte officiellement que 25 000 à la pharmacie.

« Dans la semaine-là, j’ai envoyé mon enfant à l’hôpital… Mais, pour le prélèvement de sang seulement, j’ai payé 45 000 francs pour moi et 45 000 francs pour mon enfant. Et, après, ils ont tranché un sérum et ils m’ont demandé 250 000 francs. J’ai dit : quoi ? Ils ont dit : 250 000 francs. J’ai dit : non, non (…), donnez moi l’ordonnance je vais aller acheter. Parce que les petits sérums comme ça ne peuvent pas dépasser 25 000 francs. Mais, ils n’ont pas accepté. Donc, j’ai payé 250 000 francs avec eux », a-t-il indiqué.

Pour sa part, cet autre citoyen se plaint sous anonymat d’avoir déboursé 600 000 francs pour la circoncision de son neveu.

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