L’actualité politique récente au Tchad est dominée par les péripéties de la tenue du dialogue national inclusif et les convocations judiciaires avortées de Succès Masra, l’un des principaux leaders de l’opposition. Qui est cet homme politique de 39 ans, adversaire irréductible du régime au pouvoir à Ndjaména ?
Convoqué le 9 septembre au tribunal de grande instance de la capitale tchadienne, Succès Masra n’a pas pu y déférer et a rebroussé chemin, son cortège accompagné d’une centaine de sympathisants dispersé par les grenades lacrymogènes des forces de l’ordre.
Convoqué à nouveau ce 12 septembre, cette convocation a été suspendue jusqu’à nouvel ordre par le procureur de Ndjaména, si on en croit le post sur la page Facebook officielle de Abdraman Koulamallah
Qui est Succès Masra ?
Né le 30 août 1983, Succès Masra a quitté son poste d’économiste principal à la BAD (Banque Africaine de Développement) pour s’engager en politique.
En 2018, il lance son mouvement les transformateurs et s’oppose au pouvoir de Idriss Déby.
Il revendique une idéologie sociale et démocratique, fondée sur la démocratie, l’économie sociale de marché, l’équité, l’humanité et la diversité.
A l’élection présidentielle du 11 avril 2021, il décide de se présenter contre Déby mais sa candidature est rejetée parce que son parti n’était pas légalement constitué, entre autres motifs évoqués.
Déclaré vainqueur de la présidentielle, Idriss Déby meurt le 20 avril. Il est remplacé par son fils Mahamat Déby Itno, à la tête d’un conseil national de transition.
Succès Masra prend part aux manifestations de fin avril 2021 organisées contre le Conseil Militaire de Transition (CMT) et fortement réprimées.
A la suite de ces manifestations, Mahamat Déby annonce la tenue d’un dialogue national inclusif.
Succès Masra pose comme conditions la révision de la charte de la transition pour inclure ”une clause de non éligibilité de ceux qui dirigent la transition actuelle et la mise sur pied d’un autre comité d’organisation de ce dialogue.”
Que lui reproche le régime de Ndjaména ?
Suite à la suspension de sa convocation, les avocats de Succès Masra parlent ”d’une épée de Damoclès” au-dessus de la tête de leur client. Ils dénoncent aussi ce qu’ils appellent un ”acharnement judiciaire” contre lui ”dans le but de le priver de son droit d’exercer ses activités politiques”.
Pour le ministre Abderaman Koulamallah, il n’en est rien : “il n’y a rien qu’on leur (Succès Masra et ses sympathisants) reproche mais tans qu’ils remettront en cause l’autorité de l’État, celle-ci s’affirmera c’est tout. Nous avons vraiment d’autres chats à fouetter que de courir derrière des personnes qui ont manisfestement envie de mettre du désordre dans le pays.”
Il pense aussi que ”cette affaire a beaucoup duré et monsieur Masra lui-même prend conscience qu’il ne peut pas ad vitam aeternam remettre en cause l’autorité de l’État, il sait que la loi risque de le frapper fort.”
La suspension de la convocation de Masra participe toujours selon le ministre d’une démarche de ne pas accorder une importance outre mesure à une ”affaire qui n’en est pas une.”
”Sur les 237 partis politiques, 233 sont présents au dialogue ; Il en manque quatre, ces quatre-là ne sauraient représenter à eux-seuls l’échiquier politique national. Ils disent représenter le peuple mais le peuple ne se limite pas à 2 quartiers de Ndjaména, et encore !” précise-t-il.
, ministre tchadien de la communication, porte-parole du gouvernement.
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