FEGUIFOOT : Cellou Baldé appelle à la fin des crises et à un sursaut collectif pour relancer le football guinéen
À l’ouverture de l’Assemblée générale extraordinaire et élective de la Fédération guinéenne de football (FGF), le mardi 27 octobre 2026 à Conakry, le ministre de la Jeunesse et des Sports, Mamadou Cellou Baldé, a lancé un appel à la responsabilité, au patriotisme et au rassemblement. Face aux 53 membres statutaires appelés à élire les nouveaux dirigeants de l’instance, il a plaidé pour une gouvernance stable, transparente et orientée vers les résultats, tout en réaffirmant la disponibilité de l’État à accompagner la Fédération dans le respect de son autonomie.
Le football guinéen se trouve à un moment décisif de son histoire institutionnelle. Réunis à Conakry le mardi 27 octobre 2026, les membres statutaires de la Fédération guinéenne de football ont pris part à une Assemblée générale extraordinaire et élective destinée au renouvellement des instances dirigeantes de l’organisation. Présidant la cérémonie d’ouverture, le ministre des Sports, Mamadou Cellou Baldé, a placé cette échéance sous le signe de la responsabilité collective et de la nécessité de tourner la page des crises répétées.
D’emblée, le ministre a tenu à rappeler que ce rendez-vous dépassait le simple cadre d’une élection. « Notre rencontre dépasse le simple choix d’un président et d’une équipe dirigeante. Elle doit ouvrir une nouvelle phase pour le football guinéen et contribuer à restaurer la stabilité, la crédibilité et l’ambition auxquelles il aspire », a-t-il déclaré, selon les propos rapportés par la presse guinéenne.
Une décennie de crises à dépasser
Dans son discours, Mamadou Cellou Baldé est revenu sur les difficultés institutionnelles qui ont marqué la Fédération au cours des dix dernières années. Il a déploré les tensions, les divisions et les conflits internes qui, selon lui, ont détourné une partie des énergies des véritables priorités du football national.
« Cette situation ne peut plus être considérée comme une fatalité. Il est temps d’y mettre durablement un terme », a-t-il insisté.
Derrière cet appel se dessine une exigence de changement dans les méthodes de gestion et dans les rapports entre les acteurs du football. Pour le ministre, la sortie de crise ne peut reposer uniquement sur la désignation d’un nouveau président. Elle suppose également une transformation des pratiques de gouvernance, une administration efficace, une gestion transparente et une capacité à produire des résultats mesurables.
Le message adressé aux congressistes est donc sans équivoque : le renouvellement des dirigeants doit ouvrir une nouvelle étape, dans laquelle les intérêts du football guinéen priment sur les ambitions personnelles et les rivalités.
Aux 53 membres statutaires, un appel à la responsabilité
Le ministre des Sports a particulièrement insisté sur le rôle des 53 membres statutaires appelés à participer au scrutin. Il les a invités à mesurer les conséquences de leur choix sur l’avenir d’une discipline qui occupe une place importante dans la vie sociale et sportive du pays.
« Au moment de déposer votre bulletin, regardez au-delà des intérêts individuels, des appartenances et des rivalités. Posez-vous une question essentielle : quel choix servira le mieux l’avenir du football guinéen ? », a-t-il lancé.
Pour Mamadou Cellou Baldé, cette élection constitue une responsabilité qui dépasse les personnes et les équipes en compétition. Le scrutin engage l’avenir des clubs, des joueurs, des entraîneurs, des arbitres, des éducateurs et de milliers de jeunes qui voient dans le football un moyen d’épanouissement et d’insertion professionnelle.
Le ministre a ainsi appelé les électeurs à privilégier l’intérêt général et à faire de cette échéance un véritable moment de maturité institutionnelle. L’enjeu, selon lui, est de restaurer la confiance et de créer les conditions d’un développement durable du football guinéen.
L’État promet son accompagnement, dans le respect de l’autonomie fédérale
Sur la question des relations entre les pouvoirs publics et la Fédération, Mamadou Cellou Baldé a réaffirmé la disponibilité du ministère des Sports à accompagner la future équipe dirigeante. Il a toutefois précisé que cet accompagnement ne devait pas se confondre avec une ingérence dans les affaires de l’instance fédérale.
« Le ministère des Sports ne vient pas dans cette enceinte pour choisir un candidat. Il vient rappeler les exigences auxquelles devra répondre l’équipe qui sera élue », a-t-il déclaré.
Le ministre a ensuite précisé les attentes des autorités, indépendamment de l’issue du vote : « Quel que soit le résultat du scrutin, nos attentes demeurent les mêmes : une fédération stable, une gouvernance crédible, une administration performante, une gestion transparente et des résultats mesurables. »
Cette position place la future équipe dirigeante devant une double exigence : préserver l’autonomie de la Fédération tout en répondant aux attentes légitimes des acteurs du football et du public guinéen.
Pour le département des Sports, l’accompagnement institutionnel doit donc s’appuyer sur des objectifs clairement définis, des engagements réciproques et une évaluation des résultats obtenus.
Formation, compétitions nationales et football féminin au cœur des priorités
Au-delà des questions de gouvernance, Mamadou Cellou Baldé a rappelé les missions qui attendent la nouvelle équipe dirigeante. Il a notamment insisté sur le renforcement des compétitions nationales, le développement de la formation, le soutien aux clubs, la professionnalisation de l’administration fédérale et une meilleure prise en compte du football féminin.
« La Fédération devra donc assumer pleinement ses missions, travailler avec les clubs, les ligues, les arbitres, les éducateurs et les associations, renforcer les compétitions nationales, soutenir la formation, développer le football féminin et ouvrir davantage de perspectives à la jeunesse », a-t-il souligné.
Cette feuille de route met en évidence les principaux chantiers qui attendent les nouveaux responsables. La relance du football guinéen ne dépendra pas uniquement des performances de l’équipe nationale, mais également de la qualité des championnats locaux, de l’encadrement des jeunes talents et de la capacité des structures à offrir des perspectives professionnelles aux acteurs de la discipline.
Le ministre a ainsi rappelé que les résultats sportifs durables exigent des institutions solides, une vision cohérente et une continuité dans la mise en œuvre des projets.
La CAN 2032 ou 2036, une ambition qui exige des institutions solides
L’un des enjeux évoqués au cours de cette intervention concerne l’ambition de la Guinée d’accueillir la Coupe d’Afrique des nations en 2032 ou en 2036. Pour Mamadou Cellou Baldé, cette perspective nécessite une Fédération capable de planifier, de coordonner et de conduire des projets structurants sur le long terme.
L’État peut mobiliser des ressources et créer les conditions nécessaires au développement du sport, mais la réalisation d’un tel objectif suppose également une gouvernance fédérale crédible et une organisation capable de travailler avec les instances continentales et internationales.
Cette ambition dépasse ainsi la seule question des infrastructures. Elle implique une meilleure organisation des compétitions, une administration performante, une politique de formation cohérente et une capacité à respecter les exigences de gouvernance du football international.
L’accueil éventuel de la CAN en Guinée constitue donc un objectif qui nécessitera une coordination entre les autorités publiques, la Fédération, les clubs et les partenaires sportifs.
« Le football guinéen appartient à la nation »
En conclusion, le ministre des Sports a adressé un message ferme aux futurs dirigeants de la Fédération et à l’ensemble des acteurs du football national. Il les a invités à faire de leur mandat une période de rassemblement, de reconstruction et de travail.
« Le football guinéen n’appartient à aucun individu, à aucun clan, ni à aucune équipe. Il appartient à la nation et à tous ceux qui le font vivre », a-t-il martelé.
S’adressant une dernière fois aux membres statutaires, il a également rappelé que l’histoire retiendrait moins les discours prononcés pendant le congrès que les décisions prises et leurs conséquences sur le développement du football national.
« Que ce congrès soit celui de la maturité et du sursaut collectif, que votre choix contribue à restaurer la confiance, à consolider la stabilité et à ouvrir de nouvelles perspectives au football guinéen », a-t-il déclaré avant d’ouvrir officiellement les travaux du congrès électif.
Au-delà de l’élection du nouveau Comité exécutif, le discours de Mamadou Cellou Baldé pose ainsi la question de la capacité des acteurs à transformer les engagements en actions concrètes. La stabilité institutionnelle, la transparence, la formation des jeunes, le développement du football féminin et la perspective d’une organisation de la CAN constituent autant de défis qui attendent la future équipe dirigeante.
Pour le football guinéen, l’enjeu est désormais de faire de cette échéance électorale un point de départ vers une gouvernance plus stable et des résultats à la hauteur des attentes du public.
Comments are closed.