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Kankan : le lycée franco-arabe Alpha Yaya Diallo confronté à un manque criant de salles de classe et de bureaux administratifs

Créé en 1963, le lycée franco-arabe Alpha Yaya Diallo, situé dans le quartier Énergie, à Kankan, accueille 3 232 élèves encadrés par 75 enseignants titulaires. Mais cet établissement public fait face à d’importantes difficultés d’infrastructures. Avec seulement 17 salles de classe pour 27 groupes pédagogiques, la direction est contrainte de réorganiser le fonctionnement de l’établissement pour faire face à l’augmentation des effectifs. Son proviseur, Siaka Samaké, lance un appel aux autorités, aux partenaires et aux personnes de bonne volonté pour la construction de nouvelles salles de classe et d’un bâtiment administratif.

Au lycée franco-arabe Alpha Yaya Diallo de Kankan, l’insuffisance des infrastructures pèse sur les conditions d’apprentissage des élèves et de travail du personnel. Présenté par son proviseur comme le seul lycée franco-arabe public de la région, l’établissement peine à répondre aux besoins de sa population scolaire, qui dépasse les 3 200 élèves.

La situation est particulièrement préoccupante au niveau des locaux administratifs. Faute de bâtiment adapté, une salle de classe a dû être transformée en direction, puis divisée en plusieurs bureaux pour accueillir les responsables de l’établissement.

« On a un problème de direction parce qu’on a été obligé de transformer une salle de classe en direction, en découpant la salle en quatre bureaux. Mon bureau mesure 2,5 mètres sur 5,5 mètres. Celui du censeur fait 2,5 mètres sur 2,5 mètres. Le bureau des conseillers à l’orientation a les mêmes dimensions. On a ensuite forcé la situation pour créer un bureau pour le conseiller à l’éducation. C’est ce petit espace qui gère plus de 3 000 élèves, vous n’allez pas le croire. Donc, c’est vraiment compliqué », explique Siaka Samaké.

À ce manque de bureaux administratifs s’ajoute un déficit important de salles de classe. Avec 17 salles disponibles pour 27 groupes pédagogiques, l’établissement est contraint d’adapter son organisation scolaire, notamment en recourant au système de mi-temps et en multipliant les groupes dans certaines classes.

« On est obligé maintenant de mettre les élèves à mi-temps et de créer d’autres groupes pédagogiques. Par exemple, on avait créé un groupe en 10ᵉ année, mais, vu le nombre d’élèves, on a été obligé de le scinder en trois. On avait aussi trois groupes en 9ᵉ année, et on est obligé maintenant de les scinder en quatre pour mieux gérer les élèves. Donc, on manque de salles de classe et de locaux administratifs », précise le proviseur.

Face à cette situation, Siaka Samaké sollicite l’appui des autorités éducatives, des partenaires et des personnes de bonne volonté. Selon lui, la construction de six à sept salles de classe supplémentaires, ainsi que celle d’un bâtiment administratif, permettrait d’améliorer les capacités d’accueil et les conditions de fonctionnement du lycée.

« Le lycée franco-arabe Alpha Yaya Diallo est le seul lycée franco-arabe public de la région de Kankan actuellement. Il accueille 3 232 élèves et compte 75 enseignants titulaires, pour seulement 17 salles de classe et 27 groupes pédagogiques. Toutes les personnes de bonne volonté peuvent nous venir en aide. Nous avons besoin de la construction d’au moins six à sept salles de classe et d’une direction administrative. Nous disposons déjà d’un espace suffisant pour construire de nouvelles infrastructures. Un ingénieur a réalisé un plan pour le bâtiment administratif. Nous attendons maintenant un partenaire qui pourra nous aider à concrétiser ce projet », lance-t-il.

Malgré ces difficultés, le lycée a enregistré certaines avancées grâce à la mobilisation de son personnel. En 2024, les enseignants ont contribué financièrement à la clôture de l’établissement, une initiative qui témoigne de leur engagement en faveur de l’amélioration du cadre scolaire.

« C’est en 2024 que j’ai félicité et remercié les enseignants du lycée franco-arabe Alpha Yaya Diallo. Nous avons pu clôturer l’école grâce à nos propres contributions. À l’époque, nous étions 59 enseignants. Chacun a apporté une somme d’argent et nous avons commencé avec un peu plus de cinq millions de francs guinéens. Avec le concours de personnes de bonne volonté, nous avons pu clôturer l’établissement en deux mois. Notre principale préoccupation aujourd’hui reste la construction d’un bâtiment administratif », souligne Siaka Samaké.

Toutefois, la réalisation de cette clôture n’a pas permis de résoudre les difficultés liées au manque de bâtiments scolaires. La construction de nouvelles salles de classe et d’une direction administrative demeure donc une priorité pour la direction. Selon le proviseur, l’espace nécessaire est disponible et un plan de construction a déjà été réalisé, mais le financement reste à mobiliser.

Sur le plan des résultats scolaires, Siaka Samaké met également en avant les performances des élèves lors des examens nationaux. Il affirme que l’établissement a enregistré plusieurs lauréats, notamment en sciences expérimentales, au cours des dernières sessions.

« L’année d’avant, il y a eu cinq lauréats issus du lycée Alpha Yaya Diallo en sciences expérimentales : le premier, le deuxième, le quatrième et le cinquième. L’année passée encore, le premier de la République venait de notre lycée, ainsi que le troisième, le cinquième et le huitième. Heureusement, trois d’entre eux sont déjà au Maroc, mais le huitième n’a pas eu cette chance. On peut donc dire qu’Alpha Yaya figure parmi les lycées franco-arabes de référence de la République », affirme le proviseur.

Pour Siaka Samaké, ces performances constituent un motif de satisfaction, mais elles ne doivent pas occulter les besoins urgents de l’établissement. Avec 3 232 élèves, 75 enseignants titulaires et 27 groupes pédagogiques pour seulement 17 salles de classe, le lycée franco-arabe Alpha Yaya Diallo attend désormais un accompagnement concret pour renforcer ses capacités d’accueil et offrir un environnement d’apprentissage et de travail mieux adapté aux élèves et au personnel.

Au-delà du cas de cet établissement, cette situation met en lumière les défis liés aux infrastructures scolaires et à la prise en charge des effectifs dans certains établissements publics. La mobilisation des autorités, des partenaires et des bonnes volontés apparaît ainsi essentielle pour répondre aux besoins exprimés par la direction.

Rédaction régionale Investigatorguinee

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