Le procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), Alphonse Charles Wright, engage une nouvelle bataille judiciaire dans l’affaire Dr Mohamed Diané. Ce jeudi 15 octobre 2026, il a annoncé un pourvoi en cassation contre l’arrêt rendu par la chambre des appels de cette juridiction, contestant notamment la relaxe de l’ancien ministre pour détournement de deniers publics.
Dans sa déclaration à la presse, le magistrat a précisé que cette démarche ne visait pas personnellement Dr Mohamed Diané, mais l’interprétation du droit retenue par les juges dans leur décision.
« Cette décision, ce n’est pas contre la personne du docteur Diané, mais c’est la mauvaise interprétation du droit qui a été faite dans l’analyse du jugement définitif », a déclaré Alphonse Charles Wright. Il a ajouté que les arguments du parquet seraient développés devant la Cour suprême, compétente pour examiner les moyens de cassation.
Le désaccord porte notamment sur la décision ayant écarté l’accusation de détournement de deniers publics. Le procureur spécial estime que les éléments relatifs à la gestion des fonds publics et au respect des règles de passation des marchés auraient dû faire l’objet d’une autre appréciation juridique.
Alphonse Charles Wright a également défendu la position du ministère public sur la nécessité de rendre compte de l’utilisation des ressources publiques. Selon lui, les arguments soulevés dans cette affaire justifient un nouvel examen des questions de droit ayant conduit à l’arrêt contesté.
« Je ne discute pas ce qui a été dit, mais je conteste les motifs légaux qui ont été avancés », a-t-il insisté, avant d’affirmer que la procédure judiciaire était loin d’être terminée.
Pour rappel, la chambre des appels de la CRIEF a condamné Dr Mohamed Diané à quatre ans et huit mois d’emprisonnement, assortis d’une amende de trois milliards de francs guinéens, pour enrichissement illicite et blanchiment de capitaux. Il a, en revanche, été relaxé du chef de détournement de deniers publics.
Avec ce pourvoi en cassation, le parquet spécial entend faire examiner les aspects juridiques de l’arrêt. Il reviendra à la Cour suprême de se prononcer sur les arguments qui lui seront soumis, conformément à ses compétences.
par Madiba Kaba
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