À seulement 30 ans, Amadou Thiendel Diallo veut être président de la République de Guinée. Le président de « La Nouvelle Dynamique » a déposé en début de semaine son dossier de candidature pour l’élection du 28 décembre.
En Guinée, comme les autres candidats, Amadou Thiendel Diallo a déposé en début de semaine son dossier de candidature à la Cour suprême. Le jeune président du mouvement « La Nouvelle Dynamique » se présente sous l’étiquette indépendant.
Quels sont ses arguments ? Comment a-t-il payé sa caution et quelles sont ses chances face au général Mamadi Doumbouya, à la tête du pays depuis septembre 2021 et lui-même candidat ?
Pour le savoir, lisez ou écoutez l’entretien réalisé par notre correpondant Abdoulaye Sadio Diallo.
DW : Amadou Thiendel Diallo, Bonjour
Amadou Thiendel Diallo : Bonjour Abdoulaye Sadio Diallo
DW : Vous êtes jeune et candidat pour la prochaine élection présidentielle en Guinée, nous allons l’aborder tout à l’heure. Mais avant, dites-nous quel est votre parcours et quel est votre profil?
Amadou Thiendel Diallo : Je suis ingénieur informaticien de formation. Je préside la « Nouvelle dynamique » et je suis un candidat indépendant à l’élection présidentielle du 28 décembre 2025.
DW : Vous avez quel âge ?
Amadou Thiendel Diallo : J’ai 30 ans.
DW : Alors dites-nous comment s’est passé le dépôt de votre dossier de candidature et comment comptez vous financer, sachant qu’il y a une caution de 900 millions de francs guinéens qui est en jeu pour les candidats ?
Amadou Thiendel Diallo : C’est un processus qui a été long et ardu. Finalement, nous avons pu déposer nos dossiers à la Cour suprême et nous attendons la délibération de la Cour suprême. S’agissant de la caution, nous sommes issus d’un mouvement politique qui a vu le jour depuis 2020. Nous avons des militants à la base, nous avons des sympathisants et il y a des mécènes aussi qui nous accompagnent dans notre vision pour la Guinée. Donc ça n’a pas été difficile pour mobiliser la caution.
DW : Le système de parrainage est quand même exigeant pour les candidatures indépendantes, il faut un pourcentage – 30 % des maires sur 70 % des communes du pays. Dites-nous comment est ce que ça s’est passé pour vous ?
Amadou Thiendel Diallo : J’avoue que ça n’a pas été facile du tout. Nous nous sommes même déplacés pour aller à l’intérieur du pays rencontrer les maires dans leur localité. Parce que force est de reconnaître qu’il n’y a pas de maires actuellement en République de Guinée, mais plutôt des présidents de délégations spéciales qui ont été nommés par le gouvernement en place. Et comme nous sommes dans une période d’exception, ces maires là nous ont répondu qu’il faut qu’ils se réfèrent à la hiérarchie, ce qui nous a vraiment rendu la tâche difficile, extrêmement difficile parce que nous n’avons pas pu atteindre le pourcentage requis pour la candidature indépendante.
DW : Mais vous savez que cela risque d’être un blocus quand même ?
Amadou Thiendel Diallo : Bien entendu. Raison pour laquelle nous mettons nos institutions devant leurs responsabilités. Ils ont vu la situation qui nous a été opposée par ces présidents des délégations spéciales. Nous comptons sur, vraiment, la responsabilité des juges de la Cour suprême pour comprendre la situation du moment et savoir que nous voulons sortir de cette transition pour que tous les Guinéens puissent se sentir heureux. Il est de leur responsabilité de pouvoir accompagner ces candidatures indépendantes.
DW : Alors, Amadou Diallo, quelles sont vos chances réelles face au général Mamadi Doumbouya qui dirige le pays quand même depuis quatre ans maintenant?
Amadou Thiendel Diallo : Nos chances sont immenses face au général Mamadi Doumbouya parce que tout simplement, nous, nous avons un projet de société pour le pays et que le général a dirigé le pays pendant quatre ans donc il a un bilan à défendre. Et nous, nous avons un projet de société à soumettre au peuple de Guinée.
DW : Quels sont vos trois priorités pour la Guinée au cas où vous seriez élu ?
Amadou Thiendel Diallo : Premièrement, il faut la cohésion nationale, c’est à dire une réconciliation nationale et que nous puissions orienter notre pays vers le développement. Et deuxièmement, nous comptons aussi redynamiser l’éducation nationale pour que dans les deux premières années de notre mandature, que l’Éducation nationale puisse peser.
Nous comptons aussi redynamiser le système sanitaire de notre pays, parce que force est de constater que nous sommes dans un pays où, dans les coins les plus reculés de la République de Guinée, trouver un centre de santé, c’est très difficile, avoir un médecin qualifié, c’est très difficile.
DW : L’autre défi pour la Guinée et la sous-région, c’est l’armée. Comment alors comptez vous contrôler l’armée en Guinée, mais également dans la région où les coups d’Etat se font de plus en plus ?
Amadou Thiendel Diallo : Une armée ne peut pas se faire sans la formation. Donc nous comptons investir beaucoup plus sur la formation de nos soldats, sur la formation de l’élite au sein de l’armée et leur inculquer l’esprit républicain, l’esprit patriotique.
DW : La population guinéenne est composée majoritairement de femmes et de jeunes et on sait aussi que c’est dans un pays où il y a un problème d’emploi, il y a un problème de formation. Concrètement, quelles sont vos priorités pour la jeunesse guinéenne ?
Amadou Thiendel Diallo : Tout ce qu’on fait, c’est pour la jeunesse qui parle de l’éducation, c’est pour les jeunes qui parlent de sport, c’est pour les jeunes. Aujourd’hui, nous, au pouvoir, nous comptons mettre en place un fonds pour permettre aux jeunes de créer des startups, des PME pour permettre aux jeunes de créer des entreprises.
DW : Avant de terminer, nous voulons quand même savoir quel est votre programme à long terme pour le pays.
Amadou Thiendel Diallo : Nous ambitionnons dans les quinze années à venir que la Guinée soit la première puissance économique de la sous-région.
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