Au Mali, c’est le scandale du moment. Il concerne la chasse aux fonctionnaires dits « fictifs » qui ont été évalués à plus de 36.000 personnes. Mais il semble que cette volonté des autorités maliennes de radier ces personnes, pour réduire les dépenses publiques, a privé de salaire des milliers de vrais fonctionnaires. Cet arrêt des versements devrait durer trois mois.
Défaillance technique ou humaine ? Les autorités prennent l’affaire au sérieux.
Des salaires suspendus
La colère ne retombe pas au sein de la coordination des syndicats signataires du 15 octobre 2016, regroupant l’essentiel des syndicats d’enseignement primaire et secondaire du Mali, qui a envoyé, mardi dernier [23.09.25] une lettre au gouverneur du district de Bamako.
Celle-ci demande la non-suspension des salaires des enseignants déclarés non enrôlés, détenant pourtant leur récépissé.
Les autorités de transition avaient donné un délai d’un mois, afin de permettre aux agents de se déclarer, avant de changer d’avis et d’autoriser l’arrêt des salaires dès ce mois de septembre.
Souleymane Minkeyla Maïga, du Syndicat national des enseignants des collectivités territoriales, doute de la fiabilité du chiffre de 36.000 fonctionnaires considérés comme “fictifs”. Cela représenterait près de 5 % de la masse salariale et quelque 48 milliards de francs CFA de salaires.
« Le chiffre est exagéré, affirme Souleymane Minkeyla Maiga. Il y a quand même nos collègues avec lesquels nous avons fait l’enrôlement qui, aujourd’hui, voient leurs noms figurer sur la liste des non-enrôlés. Il y a beaucoup d’agents physiquement présents qui se trouvent dans la même situation. Donc, il faudrait voir, de façon pragmatique, comment aller, par étape, pour que tous les fonctionnaires puissent faire leur enrôlement, afin d’avoir une base de données solide et fiable. Mais cela ne peut pas se faire dans la précipitation. »
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