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Qui est Peter Navarro, «le tsar des tarifs douaniers», qui a inspiré Donald Trump?

Donald Trump a décidé d’en faire son « Tsar des tarifs douaniers » pour son second mandat, mais l’économiste de 75 ans diplômé d’Harvard gravite dans la galaxie Trump depuis plusieurs années. Lors de sa première campagne présidentielle, le milliardaire avait demandé à son gendre, Jared Kushner, de lui trouver un conseil économique qui soit en phase avec ses positions sur la Chine.

Le mari d’Ivanka Trump aurait mis Peter Navarro en contact avec son beau-père après être tombé sur son livre Death by China (Mort à cause de la Chine), un ouvrage publié en 2011 dans lequel l’économie développe son obsession pour la Chine et les risque économiques qu’elle ferait courir aux États-Unis. Depuis le début des années 2000, Navarro est convaincu que Pékin fausse les règles du libre échange et appauvrit l’Amérique, ce qui justifie selon lui la nécessité d’une politique commerciale agressive face à la concurrence chinoise et au déficit de la balance commerciale des États-Unis et qu’un rééquilibrage passe par des mesures protectionnistes.

Un fidèle de Trump depuis son premier mandat

Lors du premier mandat de Donald Trump, il est nommé « directeur de la politique commerciale et industrielle » pour diriger un « Conseil national du commerce ». Son influence restera cependant relativement limitée, même si dès 2019, il commence, selon des informations du New York Times, à faire circuler à Washington une note en faveur d’une hausse des droits de douane visant la Chine, alors que les deux deux pays sont alors en pleine négociation commerciale.

Peter Navarro est alors un fidèle de Donald Trump. À tel point, qu’il va purger quatre mois de prison en signe de sa loyauté indéfectible au président américain. Convoqué devant le Congrès en 2021 dans le cadre de l’enquête sur l’assaut du Capitole, il refuse de se présenter, ce qui lui vaudra une condamnation à quatre mois de prison pour « outrage au Congrès ». L’économiste va purger sa peine et sera libéré en juillet 2024, en pleine convention républicaine, le moment où Donald Trump a officiellement été désigné candidat.

Quatre mois de prison

Nul doute que le milliardaire a particulièrement apprécié l’abnégation de son conseiller à défendre bec et ongle que c’est la fraude électorale qui a privé Donald Trump d’un deuxième mandat face à Joe Biden en 2020. La fidélité de l’économiste a été récompensé à sa juste valeur puisque Peter Navarro s’est vu de nouveau nommé conseiller au commerce et à l’industrie lorsque Trump a retrouvé sa place dans le bureau ovale en janvier 2025.

Fils d’un musicien, issu d’un milieu modeste et élevé par sa mère en Floride, Peter Navarro a pourtant démarré sa carrière sous les couleurs démocrates. Il a même brigué sous leur bannière, sans succès, la mairie de San Diego en 1992, avant d’échouer à se faire élire à quatre autres reprises à diverses fonctions publiques dans la ville californienne. Néolibéral convaincu, il a longtemps défendu le libre-échange et la mondialisation devant ses étudiants et fut même un militant écologique sous l’ère Reagan et Clinton.

Mais il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, le « Tsar des tarifs douaniers » est donc désormais le cerveau derrière la guerre commerciale qui ne se limite désormais plus à la Chine, mais a pris une tournure planétaire. Celui que Donald Trump n’hésite pas à appeler « Mon Pete », a convaincu le président de mettre à exécution la politique économique de droits de douane qu’il défend dans Death by China, le livre qui lui a permis d’approcher le milliardaire dix ans plus tôt.

Controverse autour de son livre

Le livre est pourtant ces derniers jours sous le feu d’une polémique depuis que la chaîne proche des démocrates MSNBC a décortiqué dans une émission les origines du plan économique de Donald Trump. Dans cet extrait devenu viral, la journaliste Rachel Maddow explique que dans Death by China, mais aussi dans d’autres ouvrages, Peter Navarro s’appuie régulièrement sur les travaux d’un certain Ron Vara pour justifier ses thèses anti-chinoises. Après vérification, il s’avère que ce Ron Vara n’existe pas, mais qu’il s’agit en fait de l’anagramme de Peter Navarro. Un pseudonyme que l’intéressé lui-même a fini par reconnaître avoir inventé pour l’utiliser comme un « dispositif fantaisiste ».

Un aveu inquiétant pour bon nombre d’observateurs qui se demandent désormais si toute cette politique économique ne serait pas basée en fait que sur du vent. Les premiers points de frictions sont apparus avec Elon Musk ces derniers jours. L’homme le plus riche du monde a publiquement critiqué la politique commerciale américaine et il s’en est directement pris à Peter Navarro.

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