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Maison Centrale de Conakry : « Nous sommes à une surpopulation carcérale de 700% », alerte le régisseur

En marge d’une journée de soins médicaux organisée à la maison centrale de Conakry, le régisseur de la maison centrale de Conakry, Dr Thierno Saidou 1 Diallo, a levé le voile sur la situation plus ou moins critique de surpeuplement de la population carcérale et les efforts en cours pour améliorer les conditions de vie des détenus, notamment la chaîne alimentaire. Soulignant ainsi une surpopulation carcérale atteignant 700 % de la capacité normale. Une situation alarmante qui n’est pas sans conséquence sur la gestion et le bien-être des détenus, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Avec une capacité initiale de 300 places nous apprend-on, la maison centrale de Conakry accueille actuellement plus de 2008 détenus. Selon Dr Thierno Saidou 1 Diallo, cette situation est l’un des facteurs qui favorisent la propagation des maladies à la maison centrale de Conakry.

« La surpopulation carcérale est l’un des facteurs qui valorisent la maladie, mais vous avez constaté avec moi une rénovation et une extension de la prison par l’arrière. Très bientôt, cette surpopulation carcérale va être réduite, mais elle ne sera pas totalement réduite. De nos jours, nous sommes à une surpopulation carcérale de 700%. Nous estimons qu’avec l’utilisation de deux blocs, nous allons baisser peut-être à 300 ou à 200 et quelque pour cent. Nous avons 16 personnels de santé dont quatre médecins et 12 infirmiers répartis en quatre équipes qui travaillent 24 heures », a souligné ce médecin légiste.

Face à ce contexte difficile, Mamadou Diallo a également parlé des efforts déployés pour améliorer la chaîne alimentaire, un aspect crucial du quotidien des détenus qui consolide leur état de santé et atténue le taux de mortalité en milieu carcéral dû à la malnutrition. Le régisseur a souligné que des mesures ont été prises pour garantir des repas plus équilibrés et nutritifs.

« La chaîne alimentaire est un processus qui est composé de 5 étapes : vous avez l’approvisionnement, le stockage et la gestion du stock, la pesée et la sortie des vivres, la préparation, la distribution et la consommation. Nous avons mis en place un comité qui est chargé de coordonner tout cela. Le comité est composé d’un personnel de santé, un représentant de détenu majeur, une représentante de détenue femme, un représentant de détenus mineurs et de détenus âgés qui prennent part à toutes les activités de la chaîne alimentaire. Et nous, nous supervisons l’approvisionnement. La société a fait beaucoup d’efforts dans ce sens. Aujourd’hui, c’est les denrées de qualité qui sont approvisionnés. Le petit déjeuner c’est de la bouillie lactée et sucrée. La société a également fait des efforts pour changer la qualité du riz. C’était du riz importé de mauvaise qualité. Aujourd’hui, c’est le riz parfumé avec du lait. La variation du menu est effective aujourd’hui. Deux fois dans la semaine on prépare un jour du poulet et les autres jours de la viande en quantité importante. C’est pourquoi nous avons pu tenir pendant 6 mois sans aucun décès contre une moyenne de 6 à 7 décès par mois. Le nombre de sacs de riz préparés par jour dépend de l’effectif. Par détenu, chacun a droit à 300 grammes de riz pour le repas principal et 50 grammes de riz avec de la bouillie sucrée par jour. De nos jours, on prépare 12 sacs de riz par jour à la maison centrale de Conakry », a-t-il expliqué.

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