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L’UE soupçonne un “nettoyage ethnique” au Soudan

L’Union européenne (UE) est “atterrée” face aux “témoignages crédibles” faisant état de “plus de 1.000 morts” en un peu plus de deux jours au Darfour, dans l’ouest du Soudan, dans le cadre de ce qui semble être une campagne de “nettoyage ethnique”.

“Les dernières atrocités semblent relever d’une campagne de nettoyage ethnique plus large menée par les FSR (Forces de soutien rapide, paramilitaires NDLR) avec l’objectif d’éradiquer du Darfour-Ouest la tribu non arabe Masalit”, a déclaré le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell dans un communiqué publié dimanche.

Elles viennent “s’ajouter à une première vague de violence d’ampleur” en juin, a-t-il précisé.

“Des témoins crédibles font état de plus de 1.000 membres de la tribu Masalit tués à Ardamata, au Darfour-Ouest en un peu plus de deux jours, lors d’attaques d’ampleur menées par les Forces de soutien rapide (FSR) et ses milices affiliées”, écrit l’UE.

L’agence de l’ONU pour les réfugiés (HCR) a elle récemment fait état “plus de 800 personnes” qui “auraient été tuées par des groupes armés à Ardamata”.

L’UE “travaille” notamment “avec la Cour pénale internationale pour établir et documenter les violations des droits humains afin de s’assurer que leurs auteurs en rendent compte”, selon le communiqué.

Les belligérants “ont un devoir de protection des citoyens”, rappelle-t-elle.

“La communauté internationale ne peut pas fermer les yeux sur ce qui se passe au Darfour et laisser se produire un nouveau génocide dans la région”, avertit Bruxelles, après celui du début des années 2000.

Selon le HCR, Ardamata abritait également un camp de déplacés, où près de 100 abris ont été rasés.

Les violences au Soudan frôlent “le mal absolu”, avait alerté vendredi Clémentine Nkweta-Salami, coordinatrice humanitaire de l’ONU dans le pays, s’inquiétant notamment d’attaques basées sur l’appartenance ethnique au Darfour.

Interrogée sur les risques de répétition du génocide du début des années 2000 dans cette région, elle s’était dit “très inquiète”. “Nous continuons d’espérer de ne pas nous retrouver sur la même voie”.

Déclenchée le 15 avril, la guerre entre le chef de l’armée, le général Abdel Fattah al-Burhane, et les FSR du général Mohamed Hamdane Daglo a fait plus de 9.000 morts, selon une estimation de l’ONG Armed Conflict Location & Event Data Project (Acled), considérée comme très largement sous-estimée.

Elle a déplacé plus de 4,8 millions de personnes à l’intérieur du Soudan et 1,2 million vers les pays voisins, selon le HCR.

africanews

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