Ils sont de plus en plus nombreux à quitter le Soudan ou à envisager de le faire. Les évacuations de ressortissants étrangers ont débuté ce samedi 22 avril, alors que les combats se poursuivent. Une fois encore, ni l’armée ni les FSR n’ont respecté leurs promesses de cessez-le-feu. La journée a été marquée par de nouvelles explosions et échanges de tirs à Khartoum, la capitale. Le bilan encore très provisoire, établi par l’OMS, est de 413 morts et plus de 3 500 blessés.
Les combats meurtriers entre l’armée régulière et les paramilitaires sont entrés ce samedi dans la deuxième semaine. Au milieu du chaos, une troisième force, la société civile, poursuit sa mobilisation de manière héroïque pour évacuer les habitants cernés par les combats. Des volontaires mettent en place des opérations de sauvetage sous haute tension, négociant leur passage avec les soldats, exfiltrant des civils au milieu des bombardements. Sur Whatsapp, ou Twitter, les groupes d’entraide se multiplient, rapporte notre envoyé spécial Eiiott Brachet. Certains affrètent des bus entiers pour l’Égypte ou vers d’autres villes du Soudan moins touchées par la guerre. Toutes ces organisations citoyennes vont prochainement être livrées à elles-mêmes. Alors que presque aucun service public ne fonctionne, la plupart des organisations humanitaires ont annoncé la suspension de leurs opérations. Évacuer Khartoum, c’est aussi le mot d’ordre pour des centaines de ressortissants étrangers que les ambassades essayent de rapatrier au plus vite. Les deux belligérants se disent prêts à faciliter les évacuations d’étrangers, mais ces opérations s’annoncent délicates alors que les deux généraux ont prouvé à maintes reprises ne pas être en mesure de faire cesser les combats. Plus de 150 civils, de diverses nationalités, ont pu quitter le pays.
La première grande évacuation d’envergure a été menée samedi par l’Arabie saoudite. Elle concerne à la fois des Saoudiens et des ressortissants de 12 autres pays, notamment du Koweït, du Qatar, des Émirats, de l’Égypte, du Burkina Faso ou encore de l’Inde et du Pakistan.
Les évacués ont été transportés dans un convoi de véhicules jusqu’à Port-Soudan. Puis ont traversé la mer Rouge à bord des navires saoudiens. Samedi, cinq bateaux sont arrivés à Jeddah, ville portuaire de l’Arabie saoudite. Au total, 91 citoyens saoudiens ainsi que 66 ressortissants de « pays frères » ont été évacués. « Des diplomates et des fonctionnaires internationaux », a précisé le ministère saoudien des Affaires étrangères.
Des images d’une chaîne de télévision saoudienne montrent aussi des femmes et des enfants arborant le drapeau vert saoudien à bord de l’un de ces navires. Un équipage d’un avion de ligne saoudien qui avait été touché au début du conflit par des coups de feu fait aussi partie des évacués, rapporte notre correspondant dans la région du Golfe, Nicolas Keraudren.
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