Le premier souvenir de Lukhanyo Calata est l’enterrement de son père. Il se souvient du froid et de sa mère accablée de chagrin. C’était l’hiver 1985, dans la petite ville sud-africaine de Cradock, dans la province du Cap-Oriental.
Il se souvient d’avoir eu le sentiment que le sol bougeait sous ses pieds alors que résonnaient les toyi-toying – des piétinements et des chants – de milliers de personnes en deuil.
Ils étaient venus de tout le pays pour rendre hommage au père de Lukhanyo, Fort Calata, et à trois autres jeunes hommes qui allaient être connus sous le nom de “Cradock Four”.
Bien qu’il s’agisse de l’un des crimes les plus célèbres de l’époque de l’apartheid, les auteurs présumés n’ont jamais été traduits en justice, même s’ils n’ont pas été amnistiés par la Commission vérité et réconciliation (CVR) du pays.
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