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France: au procès d’un attentat déjoué en 2017, la vie mystérieuse d’un Français radicalisé

Au procès du duo de terroristes présumés accusés d’avoir voulu commettre un attentat à Marseille quelques jours avant la présidentielle de 2017, la cour d’assises de Paris s’est penchée vendredi 6 janvier sur le profil de Clément Baur. La justice a essayé de percer le mystère de la vie de l’homme de 29 ans, qui a réussi à se faire passer pour un réfugié du Caucase et à en convaincre même ses épouses tchéchènes.

Sa conversion à l’islam à 14 ans – lui qui a été élevé dans une famille catholique – est un non sujet pour Clément Baur : « Depuis tout petit, j’étais attiré par cette religion. Mon ami d’enfance était musulman », explique-t-il.

S’il part seul en Belgique à 17 ans, c’est juste parce qu’il y est plus facile d’obtenir des aides sociales. Clément Baur collectionne les faux papiers pour « se faire plus d’argent », dit-il, évoquant des arnaques aux crédits : « Je ne suis pas quelqu’un de bien méchant », assure-t-il, même s’il reconnaît avoir fréquenté des fichés S en Belgique.

Une vie sous pseudonyme et avec des faux papiers

Quand la police française l’interpelle pour la première fois dans un train venant de Bruxelles, en janvier 2015, elle pense avoir affaire à un Russe qui voyage avec de faux papiers lituaniens. Arrêté pour ces faux papiers, il dit s’appeler Ismaïl D., être parti de Russie après avoir été « enlevé et torturé », évoque un « frère mort à 19 ans », une sœur vivant en Turquie, un rendez-vous à la préfecture prévu prochainement pour son titre de séjour en France, retrace la présidente.

Une légende qu’il maintient lors de sa comparution immédiate, après laquelle il est condamné à quatre mois d’emprisonnement et incarcéré.

Auprès des enquêteurs, des juges, puis du personnel pénitentiaire et de son codétenu Mahiédine Mérabet – aujourd’hui dans le box à ses côtés – il se fait passer pour un réfugié du Caucase. Il parle tellement bien le russe que même deux de ses trois épouses tchétchènes y ont cru. Mais sur cet art de la dissimulation, Clément Baur refuse de s’expliquer.

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