CONAKRY-En décembre 2021, après une décennie de brouilles teintées de d’attaques par médias interposés, le capitaine Moussa Dadis Camara et le Général Sékouba Konaté avaient scellé un pacte de la réconciliation, sous les regards indiscrets de l’actuel président de la Transition, le colonel Mamadi Doumouya. Poignées de mains, accolades…tout avait été minutieusement préparé par l’actuel dirigeant guinéen, pour permettre aux deux vieux compagnons d’enterrer la hache de guerre. C’était un moment historique. Les deux anciens chefs d’Etat MM. Camara et Konaté, rentraient tous d’un exil de plus de dix ans.
Un an après cette réconciliation au forceps, beaucoup d’eau a coulé sous le pont. Le colonel Mamadi Doumbouya, arrivé au Pouvoir un matin du 05 septembre 2021, après avoir délogé Alpha Condé, a placé la lutte contre l’impunité parmi ses priorités. Le programme s’inscrit dans le cadre de la refondation de l’Etat. Le but est d’exorciser le mal guinéen, dire l’indicible, faire jaillir la vérité sur des crimes les plus abominables ayant jalonnés l’histoire politique récente de la Guinée. C’est dans ce cadre qu’il a décidé d’ouvrir le procès sur le massacre du 28 septembre 2009, des crimes d’une ampleur inédite dont les conséquences continuent de hanter le pays. C’était une gageure. Mais il l’a fait.
Depuis deux mois et demi, les guinéens suivent le feuilleton judiciaire avec intérêt et passion particulière. Depuis le 12 décembre 2022, une figure importante au procès comparaît à la barre du tribunal criminel de Dixinn. Le capitaine Moussa Dadis Camara, président à l’époque de la commission des exactions au grand stade de Conakry. C’est l’un des moments les plus attendus dans ces audiences criminelles. A la barre, l’ex homme fort a pris tout son temps pour (comme on le dit) vider son sac.
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