Après la mort de 70 enfants après avoir reçu des sirops antitussifs produits par l’entreprise indienne, Maiden Pharmaceuticals, les autorités sanitaires ont indiqué qu’il n’y avait pas de nouveaux cas, mais qu’elles devaient encore s’occuper de 82 cas existants dont 12 se sont rétablis. Mais au moment où les Gambiens s’efforcent toujours de comprendre ce qui s’est réellement passé, les actions et inactions des autorités sont-elles à la base d’autres décès ?
Comment les médicaments sont-ils entrés dans le pays
Les enquêtes préliminaires de la police ont révélé que les médicaments ont été importés dans le pays le 21 juin de cette année par Atlantic Pharmaceuticals Company Limited et distribués à des détaillants en Gambie.
Au total, 50 000 bouteilles de sirops pour bébés contaminés identifiés par l’OMS ont été importées. Mais l’Agence de contrôle des médicaments n’a pu rappeler/saisir qu’environ 41 462 bouteilles et plus de huit mille bouteilles (8 538 bouteilles) de ces médicaments sont introuvables. On ne sait pas ce qu’il a pu leur arriver.
Le principal problème est que la Gambie ne dispose pas d’un laboratoire pour tester la sécurité des médicaments importés dans le pays. Des échantillons ont donc été envoyés au Sénégal, au Ghana et en Suisse.
On a découvert qu’ils contenaient des substances toxiques comme le diéthylène glycol et l’éthylène glycol. On pense que les médicaments importés auraient été fabriqués spécifiquement pour la Gambie.
L’OMS a déjà lancé une alerte mondiale pour demander aux pays de rappeler quatre sirops antitussifs contaminés et s’est dite préoccupée par le fait que ces médicaments pourraient avoir pénétré dans d’autres pays par le biais de marchés informels.
Où les parents ont-ils acheté les médicaments et que s’est-il passé après leur administration aux enfants ?
De nombreux Gambiens comptent sur la pharmacie comme premier recours lorsqu’ils sont malades.
Certains parents ont acheté les médicaments dans une pharmacie ou une droguerie, avec ou sans prescription médicale, mais lorsque les complications sont apparues, ils se sont rendus à l’hôpital pour recevoir les soins appropriés.
L’évaluation du gouvernement a montré que les victimes se plaignaient de “fièvre (81% des cas), de vomissements (61%), de diarrhée (51%) et de toux (10%). La durée moyenne de la maladie était de neuf jours (fourchette de 5 à 18 jours)”. Et ont été dans certains cas traités pour le paludisme, la méningite et l’asthme.
Ibrahim Seedy, graphiste et résident de Tanji, a perdu sa fille Adama, âgée de 2 ans. Elle se plaignait du paludisme.
“La pharmacie à laquelle je suis habitué se trouve ici, à Tanji. Quand je l’ai emmenée là-bas, c’était vers 23 heures, elle a été diagnostiquée, mais l’infirmière m’a dit qu’elle n’avait pas de paludisme. Mais on m’a prescrit certains médicaments que je lui ai donnés”, indique-t-il.
“Les médicaments étaient du sirop de paracétamol et d’autres sirops….. Je lui ai donné comme on me l’avait dit, quand elle a bu ces médicaments le lendemain matin, elle a pris son petit déjeuner, je lui ai donné le médicament et à partir de là, d’autres complications ont commencé à apparaître que je ne pouvais pas comprendre”, explique M. Seedy.
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